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Interview : Mia Hansen-Løve – Le film "Un amour de jeunesse" – Part 2

Vous pouvez lire la première partie de l’interview ici.

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Mia Hansen-Løve durant l’interview à My French Life

Questions sur le film :

Pouvez-vous faire à nos lecteurs un très court résumé du film ?
C’est l’histoire d’une fille qui n’arrive pas à faire le deuil de son premier amour.

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Comment vous est venue l’envie de faire un film sur le thème universel du premier amour ?
J’avais déjà fait deux films qui parlaient notamment de la relation père–fille et de la mort du père. Ce sont des films qui étaient très personnels. Après avoir fait ces deux films, j’ai eu l’impression qu’il y avait comme un aspect de l’adolescence, y compris de la mienne, que je n’avais pas pu exprimer. C’était un aspect que j’avais gardé de côté et qui était pourtant essentiel : l’amour physique.

J’ai écrit ce film en ayant l’impression de compléter quelque chose, de terminer un chapitre qui a été commencé avec mon premier film, à propos de la transmission, de l’importance de l’amour dans la vie. Le film est un portrait de l’adolescence.

Pensez-vous que la façon dont on vit un premier amour détermine la façon dont on vivra les autres histoires d’amour ?
Oui, je pense que beaucoup de gens peuvent ressentir cela.

Le cinéma, c’est l’image. Il y a des films qui sont emprunts de la même tonalité de couleur tout le film, or dans un « Un amour de jeunesse », les images sont tout d’abord teintées de gris, puis les couleurs deviennent plus contrastées et enfin évoluent vers des tons colorés.
Est-ce que le visuel, l’aspect photographique des images tiennent une importance particulière dans votre façon de construire des films ?
J’y accorde beaucoup d’importance, la forme et le fond ne font qu’un. Je passe énormément de temps à m’interroger sur la forme dans son rapport avec le fond. Cela implique une réflexion sur le découpage, le choix des décors, le choix des couleurs, des rythmes de scènes. Le cinéma en tant qu’esthétique est très peu pensé parce que c’est infiniment complexe, je pense que peu de gens arrivent à trouver les outils. C’est un art qui est riche et qui demande une grande variété d’outils pour l’exprimer.

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L’actrice Lola Creton et la réalisatrice Mia Hansen-Løve – Crédit image : fiff.be

C’est vrai que dans mes films, il y a une variété de couleurs à la fois dans le décor, l’atmosphère et le ton. J’aime beaucoup cette phrase toute simple de Rohmer qui dit : « C’est la variété de la vie qui me réconforte ». Il y a de cela mon film.

Dans votre film, la musique est très internationale. A-t-elle une place majeure dans vos films et dans votre vie ?
La musique a beaucoup d’importance dans ma vie et dans mes films. J’ai essayé depuis le départ modestement, de trouver une manière de l’utiliser. En l’occurrence, mon choix a été de ne pas travailler avec des compositeurs mais uniquement avec de la musique pré-existante, et de l’utiliser de manière ponctuelle. Je m’autorise de grands moments non-musicaux de manière à ce que quand la musique apparaît, elle a un vrai poids, un vrai sens, une vraie puissance.

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Sebastian Urzendowsky et Lola Creton dans « Un amour de jeunesse » – Crédit image : racc.be

Je me sens libre quand je filme, je me donne peu de règles mais il y en a tout de même quelques unes qui sont à la fois des principes moraux et d’esthétique. Une des règles que je me suis donnée par rapport à la musique, c’est de l’utiliser seulement comme musique de source. C’est une musique que les personnages écoutent dans le film et qui va être amplifiée ou non dans la scène suivante. Elle part de l’intérieur du film, elle n’est pas imposée de l’extérieur.

Les favoris :

Quand vous ne voyagez pas, où vivez-vous en France ?
À Paris.

Quel est votre endroit préféré à Paris pour manger ?
Le restaurant japonais Le marché des enfants rouges (39 rue de Bretagne 75003 Paris) à l’angle de la rue de Bretagne et de la rue Charlot.

Quel est votre endroit préféré à Paris pour vous distraire ?
Une promenade le long du canal de l’Ourcq.

Quel est votre endroit préféré à Paris pour boire un verre ?
Le Saint-Gervais (96 rue vieille du temple 75003 Paris), un des rares cafés du Marais qui n’a pas été transformé en lounge moderne. Il donne sur le musée Picasso.

Thank you Mia for taking the time to speak to us at My French Life™. We’ve enjoyed getting to know more about your movie “Goodbye First Love”.



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