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Paris métropole: les nouvelles frontières de la capitale?

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Je suis tombée sur un article du Parisien qui a attiré mon attention. A partir des chiffres de fréquentation, la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO) qui regroupe Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vanves, Sèvres, Chaville, Meudon et Ville-d’Avray s’est penchée sur les usages de Vélib’. Leurs réflexions ont donné lieu à un papier paru le 30 avril. Un des points relevés intéressants à mon sens est notamment que les parisiens eux-aussi franchissent les Portes de Paris. D’où la question, de plus en plus légitime selon moi, des frontières de Paris.

Shopping à Vélib’

Trois communes de la communauté d’agglomération ont adopté Vélib : Boulogne-Billancourt (21 stations), Issy-les-Moulineaux (11 stations) et Vanves (7 stations). Premier constat du GPSO, les stations les plus fréquentées sont celles qui desservent d’une part les transports en commun (c’est peu étonnant étant donné que Vélib’ est un moyen de déplacement complémentaire) mais aussi les stations à proximité des zones commerciales. A Boulogne, le coin de la Grand-Place, du centre commercial des Passages et des cinémas, a ainsi attiré plus de 20 000 cyclistes en 2009. Ferait-on désormais ses courses à Vélib’ ? Je me demande si Vélib’, surtout aux beaux jours, n’incite pas à « pousser » jusqu’aux magasins un peu plus lointains qu’on aurait la flemme de rejoindre à pied…

Qu’est-ce qu’un Parisien ?

A Issy-les-Moulineaux, le GPSO note une prédominance des trajets à l’intérieur de la commune, puis vers le 15ème arrondissement de Paris et vers une autre commune voisine, Boulogne-Billancourt. Le député-maire de cette dernière, Pierre-Christophe Baguet, interrogé par Le Parisien (article d’Olivier Bureau du 30 avril 2010) parle de la « très bonne surprise » du Vélib’, véritable succès qui prouve que « ce concept est intelligent et répond à une demande » et souligne une révélation : les parisiens et notamment les habitants du 16ème passent les frontières des portes de Paris. «Vélib’ a gommé le périph et les limites entre communes », conclut-il.

Redéfinissons nos frontières

Moi la parisienne, j’ai vraiment le souvenir enfant, ado et même encore aujourd’hui d’avoir choisi mes quartiers de prédilection non pas en fonction de frontières administratives mais plutôt de mes amitiés et de la facilité d’accès à pied ou en transports en commun (dans cet ordre bien sûr !). Du coup je me demande dans quelle mesure Vélib’ n’est pas aussi en train de changer notre rapport à la ville : on (re)découvre des coins de Paris pour se balader ou faire ses courses, on franchit les frontières du périph’ pour y profiter de l’offre culturelle et de loisirs hors les murs de Paris. Bien sûr, nombreux sont ceux qui n’ont pas attendu Vélib’ pour ce type de découvertes mais est-ce que Vélib’ n’est pas un « facilitateur » parce qu’on définit son propre trajet, que certains coins semblent moins lointains ?

NB : l’article du parisien n’est plus consultable que pour les abonnés ici

…et maintenant juste pour le plaisir… Regardez cette vidéo – “rahhh, toujours le même problème, on est tranquille au feu en vélib, et hop, faut qu’il y ait un motard qui arrive avec son vieux truc hors d’âge”.

Crédit image: Stéphane Raould
Source: 28 mai 2010 – Velib et moi  – le blog

 



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