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Villes françaises : Bienvenue en Anjou

Julie gourichon - 11/07/13 - www.MyFrenchLife.orgL’Anjou raconté par une fille du pays. Voyage intime au cœur d’un territoire français empreint d’histoire médiéval.

Je suis née dans une région que l’on appelle Anjou. Ce n’est ni un département ni une collectivité territoriale. C’est une province historique que j’aimerais vous présenter. Tout d’abord, situons-la. Entre la Maine et la Loire, je dirais que l’Anjou est le petit frère de la Bretagne et de la Vendée. Son fief ? Angers, la ville où je suis née mais la région compte aussi Cholet, Saumur ou Segré. Son nom ? Il le doit aux Andégaves, un peuple gaulois. Aujourd’hui, on nous nomme «angevins» mais c’est du pareil au même.

Paraît-il que ce petit comté a eu son importance au Moyen Âge. Son histoire est riche, ses monuments sont classés, les quartiers pavés attirent les touristes par centaines et sa culture est reconnue. Pourtant, en tant qu’angevine (exilée), quels souvenirs garderais-je de ma hometown ?

Julie GourichonDeux choses me viennent à l’esprit. Le château d’Angers et l’ardoise. Le premier est imposant. Figure emblématique des ducs d’Anjou. Les tours, les murailles en ardoises, les douves emplies de fleurs et parfois, d’animaux. Situé en plein centre-ville, il règne en maître. Pourtant, je me demande encore combien d’angevins l’ont vraiment visité ? Une question anodine. Un château médiéval remarquablement conservé accueillant en son sein les tapisseries de l’Apocalypse.

Julie GourichonMon deuxième souvenir concerne les ardoises. Pourquoi ? La petite ville aux abords d’Angers où j’ai vécu est la capitale mondiale de l’ardoise. Ça sonne un peu pompeux mais  le titre est mérité. Chez nous, cette roche a une présence très forte, dans notre architecture ainsi que dans les esprits. Des familles entières ont dédié leur vie aux mines et à l’exploitation de cet « or noir ». Se cassant les os, s’obstruant les poumons mais aimant leur métier passionnément. Les quartiers sont encore aujourd’hui fortement imprégnés de la présence ouvrière. S’il y a 50 ans, 8 puits étaient encore en exploitation, aujourd’hui, on en compte plus qu’un ; à 500 mètres de la maison familiale.

Gourichon Julie, 09/06/2012

Toute cette économie minière a forgé la culture et la gastronomie angevine. Nos toits sont recouverts d’ardoise. L’expression « avoir une ardoise » — ce qui signifie « devoir de l’argent dans un bistrot ou un bar » — vient de cette province ainsi que le mot « baragouiner » (venant des mineurs bretons immigrés en Anjou). Nous avons aussi créé le « quernon d’ardoise », bonbon bleu à la nougatine. Quant à Joachim du Bellay, le célèbre poète, il a souvent vanté la douceur de son Anjou natal. Et bien d’autres encore…

Bien sûr, il me faudrait des heures pour énoncer toutes les merveilles que l’on peut observer en Anjou et je ne veux pas être atteinte de chauvinisme aigu. Si vous, lecteurs, avez un jour l’occasion d’aller vagabonder dans le coin, n’hésitez pas un instant. Les monuments et l’histoire ne sont pas les seuls rois en leur royaume. On trouve aussi de très bons vins, une bonne gastronomie, d’autres châteaux extraordinaires et de longues balades en vélo ou à pied le long des cours d’eau. De plus, la Bretagne n’est pas loin et le Poitou vous fait de l’œil. Une autre bonne raison de s’aventurer dans le nord-est français.

Crédis images:
1. Château d’Angers de nuit, par Etienne Valois via Flickr
2. Le Chateau d’Angers de nuit, par Etienne Valois via Flickr

3. Durtal, Anjou, par Mark Bold via Flickr
4. Quernons d’Ardoise, via Patrimoine de France 



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1 Comment




  1. Sylvie Naux
    8 years ago

    Belle description d’Angers, Julie, et jolies photos. Votre article est interessant. J’ai fait mes etudes a Angers (debut annees 80) et y retourne regulierement. L’un de mes meilleurs souvenirs : aller chercher les croissants dans une boulangerie tot le matin, apres une nuit passee a reviser pour un examen… Il fait bon flaner a Angers, faire du leche-vitrine ou du shopping, et s’arreter dans un salon de the ou un cafe 🙂 Rien a voir avec le mode de vie d’ici (Virginie du Nord) ou il faut utiliser la voiture pour la moindre course.