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Interview : Marina Ferretti Bocquillon, Musée des impressionnismes – Part 1

Judy MacMahon - Interview Bocquillon - Ma Vie Francaise - My French Life  - www.MyFrenchLife.org

This interview is in French. Click here to read it in English.

Rencontre avec Marina Ferretti Bocquillon, Directrice Scientifique du Musée des impressionnismes de Giverny et conservatrice de l’exposition Radiance: The Neo-Impressionists à Melbourne.

Personnel

Décrivez-vous en trois mots.

Marina Ferretti, historienne d’art !

Racontez-nous la toute première fois que vous avez été captivée par une oeuvre d’art.

Je n’avais pas cinq ans et j’habitais chez ma grand-mère maternelle à Bruxelles. Un grand tableau du peintre surréaliste belge Paul Delvaux (‘Le cortège en dentelles’, 1936) était accroché dans son salon. On y voyait un cortège de femmes vêtues de robes de dentelle. Vues de dos, elles s’éloignaient vers un arc de triomphe dessiné à l’horizon. J’ai souvent observé cette œuvre que je trouvais aussi belle qu’étrange. Aujourd’hui, elle se trouve dans un musée en Allemagne.

Quel est votre courant artistique favori ? Pourquoi ?

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Depuis près de trente ans, j’explore l’œuvre d’artistes liés au néo-impressionnisme et je ne m’en lasse pas. Je suis toujours sensible à la poésie de l’esthétique « néo », à la simplicité radicale de ses compositions géométriques, à la délicatesse de la vibration lumineuse qu’apporte la division des couleurs. Sans oublier la puissante originalité des contrastes et des harmonies chromatiques. Professionnellement, j’ai la chance d’explorer un domaine qui, s’il a été déjà été largement défriché, permet encore de faire de belles découvertes.

Quel est votre artiste préféré ?

Il m’est vraiment difficile de choisir. Signac et Seurat font évidemment partie de mon panthéon personnel, mais on y trouve aussi Raphael, Ingres, Monet, Degas, Bonnard, Francis Bacon…

Si vous pouviez organiser l’exposition de vos rêves, quelle serait-elle ?

Elle s’appellerait « Le visiteur du Louvre » et montrerait comment Bonnard a renouvelé, avec une originalité à mon avis sans pareille, les grands thèmes de la sculpture et de la peinture classique… Pour paraphraser le titre d’une émission célèbre en France, Bonnard avait des racines et il avait des ailes. Mais je vous laisse imaginer l’importance des prêts à obtenir pour pouvoir confronter les œuvres anciennes et celles de Bonnard !

Radiance: The Neo-impressionists

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Décrivez le processus de conservation d’une exposition internationale majeure telle que Radiance : The Neo-Impressionists. Combien de temps cela prend t-il et qu’est-ce que cela implique ?

J’ai rencontré Ted Gott pour la première fois il y a quatre ans et c’était déjà pour parler de l’exposition néo-impressionniste à la National Gallery of Victoria ! Depuis, nous y avons travaillé très régulièrement.

Tout commence par un projet proposant les grandes lignes de la future exposition et la liste idéale des tableaux à présenter. C’est un des moments les plus heureux, car tous les espoirs sont permis ou presque. Mais la réalité nous rattrape vite : les œuvres ne sont pas toujours disponibles, elles sont parfois trop fragiles pour voyager ou elles ont changé de propriétaire et il faut retrouver leur trace. Commence alors un long travail d’adaptation du projet : il faut convaincre, trouver des solutions alternatives, se tourner vers de nouveaux prêteurs, activer ses réseaux.

C’est un moment très stimulant et souvent les idées inédites surgissent face à ces difficultés, faisant évoluer le projet initial. Il faut alors rédiger les textes du catalogue et assurer sa publication. Il faut aussi organiser le transport des œuvres, les assurer, préparer la signalétique, la scénographie et la communication de l’exposition. Quand les tableaux arrivent sur les lieux un mois avant l’inauguration, c’est le moment de vérité. L’accrochage est certainement la phase la plus émouvante du processus, celle où l’on sait si les choix ont été les bons.

A suivre…

All images courtesy the National Gallery of Victoria.


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