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Boules Artistes à Sydney : le 10e sport préféré des Français avec un australian twist

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Cécile Mazurier 5/12/12En 1991, Gary Hosie découvre la pétanque lors d’un séjour en France et depuis, n’en est jamais revenu. Sa vision d’un monde parfait ? « Quand je vais en France, je joue tous les jours; j’adorerais faire ça ici. » Le plan était évident : il fallait conquérir Sydney. C’est ainsi que Boules Artistes, fondé en 2003 par cinq Aussies (dont Gary) et un Français et comptant plus d’une centaine de membres, est devenu le principal club de pétanque de la ville.

C’est le 4e jeudi du mois et nous jouons à Milsons Point. Notre terrain s’étend derrière la voie de chemin de fer, au pied des buildings. Gary enfile des sandales marron et sort sa boîte contenant un set de huit boules en métal et un cochonnet en bois. Puis Heidi arrive, la première, suivie de Martin, Stéphane, James et Ben.

Importée à Sydney avec la vague d’immigration des Français et Mauriciens il y a 20 ans, la pétanque est longtemps restée une affaire de francophones, les expatriés s’assurant de laisser les Australiens à l’écart. Ayant flairé une sévère injustice, Gary déploie depuis ses talents de communication et de fin joueur pour étendre le réseau dans un maximum de quartiers, en faisant des jeunes sa cible principale.

Cécile Mazurier 5/12/12 17h43 : la première mène.

Heidi lance le cochonnet. Nous sommes prêts à jouer, par équipes de trois, Martin (AUS), Ben (IRL) et moi (FR) contre Heidi (AUS), Stéphane (FR) et James (UK). La première à comptabiliser 13 points gagne la mène.

Gary, pendant ce temps, nous observe et dispense des conseils sur l’art et la manière de lancer la boule, « joli et lent, joli et lent ». Je joue ma première boule. Trop vite. Et mon bras n’est pas assez détendu.

S’il ne suffisait que de balancer la boule en métal pour être un bon joueur, cela se saurait. Le jeu requiert technique et stratégie. « C’est tout dans le poignet », assure James qui, jouant pour la première fois, nous surprend par son lancer impeccable. A 18h35, le score s’élève à 13-6 et nous avons perdu.

Pétanque made in Australia.

Les règles sont si peu nombreuses que c’est dans les commentaires enflammés autour des boules, la bouteille de vin que l’on ouvre et le soleil de fin d’après-midi derrière le Sydney Bridge que réside vraiment l’essence de la pétanque, sport de copains à l’esprit bon vivant.

Cécile Mazurier 5/12/12
Stéphane me confie cependant, avec ce sens du drame typiquement Marseillais, que jouer en France pour les jeunes, « c’est affreux. Affreux. Ils pensent que tu n’es pas assez bon. C’est plus amical ici ». La jeunesse de l’Australie dans la discipline permet de retrouver un état d’esprit moins sectaire.

La deuxième manche n’est pas plus glorieuse et à 19h20, malgré l’amélioration de nos tirs, nous acceptons notre cuisante défaite à 13-3.

Gary est catégorique. Il n’y a pas encore assez de joueurs à Sydney à son goût. Sans oublier la compétition (« les gens adorent ça »), son ultime objectif serait de pouvoir jouer partout, tout le temps, filles, garçons, Australiens, jeunes, vieux, expat’ et votre grand-mère.

Cécile Mazurier 5/12/12La configuration de Sydney, organisée en quartiers distincts, se prête parfaitement à la création d’espaces pour recréer une pétanque de village à l’australienne, sans le pastis et les platanes, mais avec l’opéra de Jørn Utzon et les ibis.

Emballés ? Venez tenter l’expérience avec Boules Artistes. Pour connaître les heures, dates et lieux de rendez-vous, le mieux est d’envoyer un email.



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