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Saint-Germain-des-Prés, le quartier général des artistes français – Part one

Laure Van Ruymbeke - 13.05.13 - www.MyFrenchLife.org

This article is in French. Click here to read it in English.

Lorsque l’on évoque le quartier de Saint-Germain-des-Prés dans la Capitale française, des mots et des images nous viennent à l’esprit : Sartre et le Café de Flore, les prix littéraires, les déjeuners de François Mitterrand chez Lipp… On imagine l’effervescence intellectuelle s’échappant des cafés et des ruelles d’un Paris bouillonnant avant et après la Libération, époque révolue pour certains.

Saint-Germain est bel et bien le quartier d’une certaine élite artistique et intellectuelle. Situé en plein coeur de Paris, dans le 6ème arrondissement, il jouit du prestige de trois cafés symboliques, encore très populaires aujourd’hui. Depuis des décennies, des personnalités mythiques s’y sont rencontrées et des discussions enflammées s’y sont déroulées.

La naissance d’un quartier artistique en plein coeur de Paris

Laure Van Ruymbeke - 13.05.13 - www.MyFrenchLife.org

La renommée de ce quartier commence dès le VIème siècle avec la construction de l’église Saint-Germain-des-Prés, qui tient son nom de l’évêque Germain.

À partir du XVIIème siècle, les intellectuels se rencontrent de plus en plus dans les cafés du Faubourg, au Procope notamment. Tandis que les futurs révolutionnaires de 1789 habitent le quartier…

L’essence même de Saint-Germain-des-Prés a survécu à la destruction de son église lors de la Révolution Française. En effet, ce  quartier deviendra le favori des intellectuels, des politiques et des artistes au XIXème. C’est ainsi qu’écrivains – Balzac, Sand, Nerval -, peintres – Ingres, Delacroix, Manet – et acteurs et politiques s’y donneront rendez-vous, animant les cafés de discussions toujours plus mouvementées.

Les cafés typiquement français ou l’âme de Saint-Germain-des-Prés

Le café de Flore, les Deux Magots et le Lipp, inaugurés dans les années 1880 et situés sur le célèbre boulevard Saint-Germain à Paris, sont à l’origine de l’effervescence artistique et intellectuelle qui s’y épanouit dès la fin du XIXème siècle, cercles et prix littéraires émergeant de ces cafés.

Le Lipp

Laure Van Ruymbeke - 13.05.13 - www.MyFrenchLife.org
“Lipp est indispensable au décor parisien et on l’aime sans conditions”, disait l’écrivain Léon-Paul Fargue. Classée monument historique pour son décor en 1989, la brasserie Lipp a été créée par un couple alsacien qui ont fait de la choucroute et de la bière des traditions emblématiques.

À mi-chemin de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Lipp servira très vite de refuge aux personnalités politiques. En 1920, lorsque la famille Cazes devient propriétaire, la brasserie connaît une véritable notoriété. Entre autres, Malraux déjeunant avec Saint-Exupéry, puis François Mitterrand, Pompidou, Giscard d’Estaing, Jacques Chirac ont été aperçus attablés à ce café…

Les Deux-magots

Laure Van Ruymbeke - 13.03.13 - www.MyFrenchLife.org

En face, on peut prendre son café aux Deux-Magots, qui tient son nom des deux personnages grotesques chinois, trônant dans la salle (magot signifiant figurine trapue d’Extrême-Orient). Ceux-ci datent du précédent magasin qui y tenait sa place avant d’être transformé en café liquoriste.

Les poètes Verlaine, Rimbaud et Mallarmé y viendront régulièrement déguster un verre d’absinthe en terrasse. Le prix des Deux-Magots, lancé en 1933, consacre sa vocation culturelle.

Café de Flore

Laure Van Ruymbeke - 13.05.13 - www.MyFrenchLife.org

C’est au Flore que naît la revue de l’Action Française, fondée par les anti-dreyfusards Charles Maurras, Montesquiou et Jacques Bainville. Le Flore fait ensuite office de bureau pour le poète Apollinaire, qui y reçoit à heures fixes.

En 1917, le mouvement Dada est créé, et durant la même année, le terme “surréalisme” est prononcé pour la première fois. Sous l’occupation, le poêle du café réchauffe écrivains et philosophes, qui sont au Flore comme chez eux. C’est également le refuge de la “bande à Prévert”.

“Les chemins du Flore ont été quatre ans pour moi les chemins de la liberté”, disait Sartre. Il devient le symbole de Saint-Germain, en y passant des journées entières, en compagnie de Simone de Beauvoir.

Crédits images :
1. Café Les Deux Magots, par Roboppy sur Wikimédia.
2. Le Procope, par Checco sur Flickr.

3. Brasserie Lipp, par Arnaud 25 sur Wikimédia.
4. Les Deux Magots, par Donar Reiskoffer sur Wikimédia.
5. Café de Flore, par Arnaud 25 sur Wikimédia.


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