Je me souviens… à la Elisabeth #19-#21

This series began here “Je me souviens” #1-#7
And here you’ll find Je me souviens” #8-#14
And “Je me souviens” #15-#18,

Then you’ll discover #19-#21 below the ‘Navigation’ heading.


I am starting something about which I have been thinking for quite a while, a little mimicry of “Je me souviens” (“I remember”) by Georges Perec.

Every day I will prepare a “Je me souviens” post – both in French and in English and present them here for you frequently… please feel free to add your own memories in the comments below.

In terms of how MyFrenchLife members may benefit from this new series, it may help you understand cultural events and societal issues in France in the recent past (my lifetime) as I grew up in the north of France. These posts can also be used to help with your French language practice. Amusez-vous.

Context

For those who are not familiar with George Parec and his book/s this might help provide context:

“Impossible book to put down. In fact, I’m going to read it again. Kind of based on Joe Brainard’s famous and great “I Remember’ but different in that Perec didn’t read that book, but he heard about it from his friend the writer Harry Mathews. While Brainard’s book is more personal and deals with his own observations, Perec’s take on “I Remember” is more of the collective memory of the French from a certain time, mostly from the post-war years. So what he remembers here are a lot of French figures from the cinema, music and pop cultural world of Paris 1950s to the 60s – and I think beyond. My favorite, of course, is “I remember that Boris Vian died while coming out of a showing of a film adapted from his book ‘I Spit on Your Graves’”

by ‘Tosh’ from Goodreads, where you can read more…


Navigation

How to Navigate these “Je me souviens” articles? Each of these articles is updated daily and published weekly so that you get multiple posts all at once – total immersion: French culture and French language immersion all in one.

— If you haven’t seen this article before, then start at the very bottom of this page.
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And you’ll discover #19 – #21 below the ‘Navigation’ heading.


Je me souviens #21: Des plus beaux jours de ma vie

Je me souviens... à la Elisabeth #19-#21
Je me souviens... à la Elisabeth #19-#21


Je me souviens du jour qui reste pour moi l’un des plus beaux jours de ma vie.

C’était un dimanche très proche de mon seizième anniversaire – je pense même que ça devait être le 8 septembre 1968, parce que mon anniversaire était le mercredi 4 septembre de la même année.

Cette année-là, mon frère était parti aux Etats-Unis, où il devait passer toute l’année scolaire 1968-69. J’étais donc seule avec mes parents, puisque je n’ai qu’un frère. Mon frère me manquait beaucoup, mais je commençais à m’habituer un peu à son absence.

Quelques jours avant ce dimanche, mon père avait annoncé que nous allions aller rendre visite à ma marraine, qui habitait la banlieue de Paris, pour fêter mon anniversaire avec elle. J’étais ravie parce que j’adorais ma marraine, qui était une femme amusante, intelligente, très jolie et dont la vie m’avait toujours semblé intéressante.*

Le dimanche matin, nous avons donc quitté ma maison. En route, mon père a déclaré qu’il devait passer chez son copain, un pâtissier qui s’appelait Gaston Alleys pour lui donner quelque chose. Nous nous sommes arrêtés très brièvement devant la pâtisserie du copain de mon père, qui se trouvait sur ou près de la place du Théâtre à Lille, et ma mère et moi sommes restées dans la voiture pendant que mon père y est allé pour déposer ce qu’il devait donner à son copain.

Un peu plus de deux heures plus tard, nous sommes arrivés chez ma marraine, qui avait préparé un délicieux déjeuner. Nous avons bu du champagne en honneur de mon seizième anniversaire, et, après le dîner, j’ai eu la surprise de voir mon père entrer dans la salle à manger avec une très belle tarte aux pommes sur laquelle il y avait seize bougies. En fait, il était allé chez son ami le pâtissier pour chercher ma tarte d’anniversaire (je n’aime pas trop le gâteau, je préfère les tartes, et c’est pour cette raison que j’ai eu une tarte, et pas un gâteau d’anniversaire !)

Ensuite, ma marraine m’a donné une gourmette en or sur laquelle était gravé mon prénom. J’avais toujours voulu avoir une gourmette, et mon rêve était enfin devenu réalité !Après le déjeuner, nous sommes tous partis pour le Château de Versailles, où nous n’avons pas visité le château principal, mais les deux Trianons et le hameau (c’est-à-dire la ferme) de la reine Marie-Antoinette. Il faisait un temps magnifique, et nous avons beaucoup marché dans les jardins de Versailles. Je me souviens avoir adoré Le Hameau, où je suis retournée depuis plusieurs fois, et qui reste ma partie préférée de Versailles. Les jardins et le bâtiment qui était la ferme de Marie-Antoinette sont absolument charmants, une « petite fermette » digne d’une reine. Ma marraine, qui connaissait très bien l’histoire de France racontait des anecdotes sur Marie-Antoinette et sur la l’élaboration de cette partie de Versailles.Je ne me souviens vraiment plus de rien d’autre, mais cette journée a laissé une marque indélébile dans ma mémoire et, à chaque fois que je suis retournée à Versailles, et à chacun de mes anniversaires, je me souviens de ce jour, le plus beau de ma vie.

*Note: Voir “Je me souviens… #15″ Photos:
– Photos du Petit Trianon et du Hameau, prises en avril 2013. J’avais alors fait une visite guidée par une ancienne amie de collège et de lycée qui est guide de la ville de Paris depuis plus de 40 ans maintenant.
– La gourmette que ma marraine m’avait offerte ce jour-là. Son fermoir a besoin d’être réparé.

Translation: One of the best days of my life
I remember the day that I believe remains one of the best days in my life. It was on a Sunday, very close to my sixteenth birthday – I even think that it had to be September 8, 1968, because my birthday was on Wednesday, September 4th of the same year. That year, my brother was in the United States, where he was spending the entire 1968-69 school year. Therefore, I was alone with my parents, since I only have one sibling. I was missing my brother quite a bit, but I was getting used to his absence. A few days before that Sunday, my father announced that we were going to visit my godmother, who lived in the suburbs of Paris, to celebrate my birthday with her. I was delighted because I adored my godmother, who was a fun and beautiful woman, whose life I had always found very interesting.* That Sunday morning, we left our house. On the way, my father declared that he had to drop off something at his friend Gaston Alleys’s pastry shop in Lille. We stopped there briefly, and my mother and I stayed in the car while my father went inside the shop to give whatever he had to give to his friend. A little over two hours later, we arrived at my godmother’s place. She had prepared a delicious lunch. We drank champagne in honor of my sixteenth birthday and, after dinner, I was totally surprised when my father walked in from the kitchen into the dining room, carrying a very beautiful applet art with sixteen candles on it. In fact, he had gone to his friend’s pastry shop to pick up my birthday applet art (I am not overly fond of cake, I prefer tarts, and that’s why I got a birthday apple tart, and not a birthday cake !). Then, my godmother gave me a small, 32 karat gold ID bracelet, on which my first name had been engraved. I had always wanted one of those, and my dream had come true! After lunch, we all left for the Castle of Versailles, where we did not tour the main castle, but the two Trianons and the Hameau (i.e. Marie-Antoinette’s Farm.) It was a gorgeous day, and we walked a lot in the Versailles gardens. I remember falling in love with Le Hameau, where I have returned a few times since, and which remains my favorite part of Versailles. The garden and the buildings that were Marie-Antoinette’s farm are just plain charming, a small farm worthy of a queen. My godmother knew a lot about French history, and told me a slew of anecdotes about Marie-Antoinette and how this part of Versailles had been created. I do not remember much else about that day, but it left an indelible mark on me and, each time I have gone back to Versailles, and on each one of my birthdays, I remember that day, one of the very best ones in my life. *Note: See “Je me souviens… #15”Photos:- Photos of the Small Trianon and of Marie-Antoinette’s farm, taken in April, 2013. I had then gone on a tour guided by an old friend from my middle and high school days, who has been a Paris tour guide for over 40 years by now. – The gold ID bracelet that my godmother gave me that day. Its clasp needs to be repaired.

Je me souviens… #20: Un permis de conduire français

Je me souviens... à la Elisabeth #19-#21


Je me souviens de la manière un peu compliquée dont je devais obtenir un permis de conduire français. Comme pour tous les Français de ma génération, il fallait avoir 18 ans avant de pouvoir apprendre à conduire et obtenir un permis de conduire en France. Et ce processus était coûteux: Il fallait tout d’abord s’inscire à une auto-école et prendre des leçons de code de la route, puis passer un examen sur le dit code de la route. Si on y réussissait, il fallait alors prendre un minimum d’une dizaine ou d’une douzaine de leçons de conduite – avec un moniteur certifié d’auto-école, et chaque leçon coûtait une petite fortune (la voiture sur laquelle on apprenait était celle de l’auto-école.) Après quoi, on pouvait passer l’examen de conduite – que la plupart des candidats ne réussissaient pratiquement jamais du premier coup, et que beaucoup devaient repasser jusqu’à trois ou quatre fois avant d’y réussir! Et, bien sûr, il fallait payer des frais d’inscription à chacun de ces examens de conduite. L’épreuve de conduite comportait un créneau, un démarrage en côte et un demi-tour en trois manoeuvres.Je devais avoir environ 19 ans quand j’ai décidé de tenter ma chance au permis de conduire. Aucun problème pour réussir à l’épreuve de code. J’ai donc ensuite commencé à prendre des leçons de conduite. La voiture sur laquelle j’ai alors appris à conduire avait un changement de vitesse manuel – comme la plupart des voitures françaises de l’époque. Je ne devais passer mon examen de conduite qu’une seule fois, et – bien entendu – je l’avais râté avec brio (je ne sais du reste plus pourquoi, je pense que mon moteur avait callé.) Je décidai alors d’abandonner la course – mon frère avait alors dû échouer à son épreuve de conduite au moins deux, sinon trois fois, et lui aussi avait jeté l’éponge. Pour la petite histoire, je pense que la première ou la deuxième fois qu’il l’avait passée, l’examinateur, qui l’avait vu arriver sur place en mobylette, lui avait dit un truc du genre: “Et bien, monsieur, continuez à utiliser votre mobylette, c’est un excellent moyen de transport.” Nous étions du reste convaincus que les examinateurs de l’épreuve de conduite détestaient donner le permis de conduire à des jeunes de 18 ans. Mon frère devait retenter sa chance quand il avait 28 ans, il réussit alors à son épreuve de conduite du premier coup! En août 1973, je partis pour les USA, où je devais passer une année. D’août à octobre, j’étais dans la petite ville d’Endicott, dans l’état de New York, où je logeais au couvent des Filles de la Charité attaché à Seton High School, une école catholique. Il se trouva que l’une des soeurs du couvent avec qui je m’entendais fort bien (Sister Mary-John) accepta de me donner des leçons de conduite. Je ne sais plus quel type de voiture je conduisais, mais elle était, évidemment, plus grosse qu’une voiture française et avait une transmission automatique. Sister Mary-John avait une patience d’ange avec moi, et je suis bien certaine que j’ai dû lui faire bien peur plus d’une fois, surtout quand elle m’apprenait à faire un créneau.Toujours est-il que je réussis à passer mon permis de conduire, pas du premier coup, mais à ma deuxième tentative. Par la suite, je conduisis un peu et, lors de mon séjour de deux ou trois mois à Albany, NY, la personne chez qui je logeais (une prof de maths à McCloskey High School), m’avait même laissé conduire sa voiture plusieurs fois. À mon retour en France, je suis tout simplement allée à la Préfecture du département du Nord à Lille, où j’ai échangé mon permis américain pour un permis français (que j’ai encore, voir la photo ci-dessous.) J’avais même racheté la vieille 2CV Citroën qui appartenait à mon cousin Jean et que j’affectionnais parce que la “Deuche” est une voiture légendaire. Elle était jaune canard et bleue. Je ne la conduisis pas beaucoup, parce qu’elle ne marchait pas très bien. En fait, elle tombait en panne très souvent. Avant de partir aux USA en août 1975, je l’avais vendue à un type qui s’y intéressait pour les pièces détachées.Quand je suis arrivée dans le Delaware après mon premier marriage, je n’ai pas dû repasser une épreuve de conduite, juste un examen de code de la route pour obtenir un permis de conduire de cet état. Je n’ai, du reste, jamais dû repasser une épreuve de conduite, ni en Pennsylvanie, ni dans le Maryland (juste un examen de code pour la Pennsylvanie.)Je fus atteinte d’une phobie sévère de la conduite (surtout sur autoroute) peu après mon arrivée aux USA en 1975. J’ai, en fait, souffert de crises de panique et d’agoraphobie pendant une période d’environ deux ans après mon immigration permanente aux USA – pour lesquelles je n’ai jamais vu aucun spécialiste des troubles de la santé mentale.) Je souffre encore de cette phobie, mais je peux conduire sur un rayon d’environ une quinzaine de kilomètres sur des trajets qui me sont familiers. Je sais, je sais, je devrais me faire soigner….

Photos:
– Le type de voiture sur laquelle j’ai appris à conduire aux USA.
– Mon permis de conduire français – c’est un permis “à trois volets.” Le permis de conduire français ressemble maintenant au permis de conduire américain typique.
– Une 2CV Citroën. La voiture de l’étudiant pauvre.

Translation: a French drivers license
I remember the rather convoluted way in which I managed to get a French driver’s license. As for all French people of my generation, I had to be 18 before I could learn how to drive and get a driver’s license. And this process was costly: First, you had to register with a driving school and take a course on the rules of the road and take an exam on the said rules. If you passed it, then you had to take at least ten to twelve driving lessons – with a certified driving school instructor – and each lesson cost a small fortune (the car on which you learned how to drive belonged to the driving school.) After that, you could take the driving test – which most candidates never passed on their first try, and that many had to take up to three or four times before passing it! And, of course, you had to pay a fee each time you took this driving test. The driving test included parallel parking, a hill start, and a three-point turn. I must have been about 19 years old when I decided to try my luck at getting a driver’s license. No problem to pass the written test. I then started taking driving lessons. The car on which I learned how to drive had a manual transmission – as most French cars did at the time. I took the driving test only once and – of course – flunked it with flair (I don’t remember why. I think that my engine had stalled.) I decided to quit – my brother had then failed his driver’s test at least twice, if not three times, and had thrown the towel as well. Anecdotally, I think that the first or second time he had taken it, the inspector, who had seen him arrive on his moped, had told him something like: “Well, sir, keep on using your moped, it is an excellent vehicle.” We were actually convinced that most driving test inspectors hated to grant licenses to youth who were only 18 years old. My brother gave the driving test another shot when he was 28 years old and passed it on his first try! In August 1973, I left or the USA, where I spent a year. From August to October, I was in the small town of Endicott, in New York State, where I was staying at the Daughters of Charity convent connected to Seton Catholic High School. It so happened that one of the sisters at the convent, with whom I got along very well (Sister Mary-John) agreed to teach me how to drive. I do not remember what type of car I drove, but it was, of course, way bigger than any French car, and had an automatic transmission. Sister Mary-John had the patience of an angel with me, and I am quite certain that I scared her more than once, especially when she was teaching me how to parallel park. Anyway, I passed my driver’s test, not on the first try, but on the second one. After that, I drove a bit and, during my two to three-month stay in Albany, NY, the person at whose house I was staying (a math teacher at McCloskey High School) even let me drive her car a few times. When I returned to France, I simply went to the Prefecture of my department in Lille, where I exchanged my American driver’s license for a French one (which I still have, see the photo below.) I even bought the old Citroën 2CV that belonged to my cousin Jean, which I loved because the “Deuche” was a legendary automobile. It was bright yellow and blue. I did not drive it much, because it did not run very well. In fact, it would often break down. Before leaving for the USA permanently in August 1975, I sold it to a man who was interested in it for its spare parts. When I arrived in Delaware after my first wedding, I did not have to take a driving test, just a written test to get a driver’s license from that state. I never had to retake a driving test, neither in Pennsylvania nor in Maryland (just a written test for Pennsylvania.) I began to suffer from an acute driving phobia (especially on highways) soon after my arrival in the USA in 1975. In fact, I suffered from panic attacks and agoraphobia for a period of about two years after my permanent immigration to the U.S. – for which I never saw any mental health specialist. I am still plagued by this phobia, but I can drive within a 10-mile radius on roads with which I am familiar. I know, I know, I should seek a cure for this….

Photos:
– The kind of car on which I learned how to drive in the U.S.
– My French driver’s license – is called “un permis à trois volets” – i.e. a “triptych license,” because it had three panels. The current French driver’s license looks like a typical American one.
– A Citroën 2CV. The typical “poor student” car.

Je me souviens… #19: Des différentes voitures

Je me souviens des différentes voitures que mes parents ont eues tout au long de mon enfance et de mon adolescence.

Mon père et ma mère avaient tous deux leur permis de conduire, mais ma mère conduisait beaucoup plus rarement que mon père et, s’ils étaient ensemble dans la voiture, c’était toujours mon père qui conduisait. C’était un conducteur particulièrement agressif, qui suivait toujours de très près la voiture qui était devant lui, doublait souvent dangereusement, roulait souvent trop vite et prenait sa priorité à droite avec beaucoup d’audace. Il lançait aussi pas mal d’invectives hautes en couleur à ceux qu’il considérait être des chauffards.* Et pourtant, il n’eut jamais un seul accident grave.

Ma mère n’aimait pas trop conduire, mais petit à petit, elle devient de plus en plus brave au volant, et je me souviens qu’elle emmena plusieur fois mon frère et moi sur les plages belges, à une distance de près de 85 km de chez nous.

La première voiture dont je me souviens était une traction avant Citroën, la voiture emblématique de certains films dont l’action se situe pendant la deuxième guerre mondiale et qui était la voiture préférée des gangsters parisiens de l’après-guerre. Il y avait même une bande de criminels surnommée “le gang des tractions avant.” Au cours de vacances que nous avions passées en 1957 à Pornichet, une station balnéaire située près de Saint-Nazaire et de l’embouchure de la Loire, la traction avant rendit l’âme. Il fallut la remplacer immédiatement, et mes parents trouvèrent une Hotchkiss d’occasion, probablement à un prix avantageux, parce que la marque Hotchkiss était une marque d’automobiles de luxe. D’après mon frère, à qui j’ai dû faire appel pour qu’il me rafraîchisse la mémoire sur ce sujet, la sellerie de cette voiture était en cuir, la conduite était à droite et la transmission était automatique (elle avait appartenu à un handicapé.) Mes parents ne gardèrent cette voiture qu’environ six mois parce que c’était un gouffre à essence. Ils passèrent alors du gros modèle à un autre, super mini, celui-ci. Leur voiture suivante fut une Vespa 400, une voiture italienne fabriquée en France de 1957 à 1951. Cette voiture mesurait 2,82 m de long, 1,27 m de large et 1,25 de haut. Mon frère et moi, alors âgés de 6 et 7 ans tenions à peine sur le siège arrière. Je me souviens que, quand on faisait le plein d’essence, il fallait faire tourner une manivelle pour injecter une quantité d’huile requise dans l’essence (cette huile se trouvait dans un petit reservoir séparé, avec pompe et manivelle.) Tout cela semble bien compliqué et quelque peu primitif…. La plaque d’immatriculation de cette voiture comportait les lettres “BU,” qui fut donc surnommée “la Bubu.” Quand mon frère et moi devinrent trop grands pour la Bubu, mes parents la remplacèrent alors par une Renault Ondine Gordini. Le modèle Gordini de l’Ondine (qui était une version plus luxueuse d’un modèle qui portait le nom de Dauphine) était simplement plus performante et pouvait atteindre une vitesse maximum de 126 km/h. Je sais que mon père faisait parfois du 120 km/h sur l’autoroute et qu’il adorait cette voiture. Mon frère se souvient que la plaque d’immatriculation de l’Ondine Gordini était 6161 CE 59. Mon père avait pu obtenir le numéro 6161 parce qu’il connaissait quelqu’un qui s’occupait de l’attribution des plaques d’immatriculation. Une autre caractéristique de mon père avec les voitures est qu’il n’aimait pas les garder trop longtemps. Selon lui, après deux ans, elle commençaient à poser des problèmes. Vers 1963 ou 1964, il acheta la première de trois Renault 4 (modèle aussi connu sous le nom de R4 ou de 4L, qui devait dominer le marché automobile français de 1962 à 1968.) Je ne me souvenais pas de la couleur de notre première R4, mais mon frère se souvient qu’elle était rouge corail; la deuxième était blanche et la troisième Bordeaux. Mon père remplaçait cette voiture tous les deux ans, après avoir fini d’avoir payé chacune d’entre elles. Cen’était pas une voiture luxueuse, loin de là, mais elle faisait très bien l’affaire, même quand nous faisions la longue route de Lille à Annecy tous les étés – avec la voiture chargée au maximum. Pendant la période où mes parents étaient propriétaires de la poissonnerie-volailles à La Madeleine, mon père avait aussi acheté une camionette 2 CV Citroën, pour pouvoir transporter des denrées alimentaires et autres choses dont il avait besoin quand il faisait des banquets. Je ne m’en souviens que très vaguement.

Le dernière voiture dont mes parents firent l’acquisition avant mon départ définitif pour les USA fut une Renault 6 (R6), probablement achetée vers le début des années 70. Elle était de couleur bleu gris. Je sais que mon père n’avait pas jugé cette voiture suffisamment “classe” pour qu’elle me transporte à l’église le jour de mon mariage avec Rick Donato (le 21 août 1975), mais je ne sais plus quelle voiture my avait transportée….

Je dois aussi faire mention d’une voiture qui fut celle de ma mère dans les premières années soixante-dix. C’était une vieille Citroën Ami 6 qui ne fut jamais très fiable et dont finit par se débarasser quand elle sa carrosserie était vraiment trop rouillée. Elle eut ensuite (mais après mon départ pour les USA) une petite Autobianchi. Mon père devait encore acquérir quatre voitures (ces renseignements m’ont été donnés par mon frère): – Une Renault R6 marron métallisé, que ma mère conduisit pendant un certain temps, quand il la remplaça par une Renault 5 (vendue aux USA sous le nom de “Le Car”) vert clair métallisé, puis une Fiat Vitmo, suivie de sa dernière voiture, une Ford Fiesta dont je me souviens qu’elle était Bordeaux (marron métallisé d’après mon frère.) Un fait notable concernant cette dernière voiture est que mon père a commencé à tenir un “livre de bord” pour cette voiture à partir du 2 juillet 1991, jour où il en prend possession. Il le tiendra fidèlement, pratiquement tous les jours, jusqu’au 6 janvier 1993 – c’est en fait un journal détaillé des ses activités quotidiennes et de celles de ma mère. Il devait décéder de la maladie de Hodgkins le 11 février 1993. J’ai les deux volumes de ce livre de bord, que je n’ai jusqu’ici encore jamais eu le courage de lire. Ma mère conduisit cette voiture jusqu’à ce qu’elle cesse de conduire, je pense environ un an avant sa mort en Avril 2009. Je ne dois pas oublier de mentionner que mon père eut, pendant peut-être un an avant de devoir se trouver forcé à abandonner son entreprise de marbrerie pour des raisons de santé, un camion Renault 2,5 Tonnes équipé d’une bétonneuse. L’acquisition de ce camion représentait alors quelque chose d’énorme pour sa petite entreprise.

*Je vous encourage à lire l’essai hilarant de Keith Van Sickle, “Driving in France: are you sure?” Sur les site web de My French Life (myfrenchlife.org/2021/10/27/French-drivers-driving-france.)

Photos:
– La Bubu (photo taken in Porspoder, Bretagne, été 1959.) La gallerie de toît était indispensable, parce que cette voiture n’avait pas de coffre.
– R4 Renault (pas la nôtre.)- Ma mère au volant de notre R4, juillet 1968.
– mon premier mari (sur la photo) et moi avions fait un voyage en France cet hiver-là. Neige assez rare sur la voiture.
– Camion Renault 2 tonnes 5. Celui de mon père avait une bétonneuse à l’arrière.

Translation:
I remember the different cars that my parents had when I was a child, a teenager, and a young adult.

Both my parents had a driver’s license, but my mother did not drive nearly as much as my father and, if they were both in the car, it was always my father who did the driving. He was a particularly aggressive driver, who always tailgated the car in front of him, passed other cars dangerously, drove too fast, and took his right of way over cars coming from a street on his left – as is often the rule in France – with a lot of gusto.* He would also yell a litany of colorful swear words to those he considered bad drivers. And yet, he never had one single serious accident.

My mother was not very fond of driving but, little by little, she became more daring behind the wheel, and I remember that she drove my brother and me to the Belgian shore, which was about 55 miles from our house. The first car I remember was Citroën Traction Avant, an iconic automobile in some films whose plot takes place during WWII, and that was also the favorite post-war ride of Parisian gangsters. There was even a gang of criminals called “The Traction Avant gang.” During a vacation that we spent in 1957 in Pornichet, a beach resort near Saint-Nazaire and the Loire river estuary, the Traction Avant just died. They had to replace it immediately (while on vacation), and my parents found a second-hand Hotchkiss, probably at a good price, because that make of automobiles was a luxury one. According to my brother, whom I asked to refresh my memory on this issue, the interior of this car was genuine leather, the steering wheel was on the right, and it had an automatic transmission (it had been owned by a disabled person.) My parents kept this car for only about six months because it was a gas guzzler. They then switched from a big car to a supermini model. Their next car was a Vespa 400, an Italian car made in France from 1957 to 1961. This car was 9.2’ long, de long, 4.15’ wide, and 4.1’ high. My brother and I, respectively 7 and 6 years old then, barely fit on the back seat. I remember that, when you filled up the gas tank, you had to crank a handle to put a given quantity of motor oil into the gasoline (this motor oil was in a small, separate tank with a pump and a crank handle.) All of this seems rather complicated and a bit primitive…. The license plate of our Vespa 400 included the letters “BU,” and we gave her the name of “the Bubu.”

When my brother and I got too big for the Bubu, my parents replaced it with a Renault Ondine Gordini. The Gordini version of the Ondine (which was a more luxurious version of a Renault model called Dauphine) was simply faster and could reach a top speed of 126 km/hr (about 80 mph.) I know that my father sometimes drove up to 120 km/hr (75 mph) on the highway and that he loved that car.

My brother remembers that the license plate of the Ondine Gordini was 6161 CE 59. My father was able to get that number because he knew someone who allocated license plates in our department. Another of my father’s quirks with cars was that he did not like keeping them for too long. His theory was that, after two years, they started having problems. Around 1963 or 1964, he bought the first one of three Renault 4 (also known as R4 or 4L, a model that dominated the automobile market from 1962 to 1968.) I could not recall the color of our first R4, but my brother remembers that it was coral red; the second one was white, and the third one burgundy. My father would replace his car every other year after he was done paying off each one of them. The R4 was not a luxury car, far from it, but it did just fine, even when we would make the long trip from Lille to Annecy every summer – with the car loaded to the max.

When my parents owned the fish and poultry shop in La Madeleine, my father had also bought a small used Citroën 2 CV van, in which he could transport food items and other things that he needed when he catered banquets. I remember that vehicle only very vaguely.

The last car my parents bought before I left for the USA was a Renault 6 (R6), most likely purchased in the early 1970s. It was bluish-grey. I know that my father did not deem it “classy” enough to take me to the church on the day of my wedding to Rick Donato (August 21, 1975), but I do not recall in what car I got there…. I must also mention a car that was my mother’s in the early 1970s. It was an old Citroën Ami 6 that was never reliable and that she ended up getting rid of when its body got really too rusty. After that (but after my departure to the USA) a small Autobianchi.

My father bought four more cars (my brother told me this):
– A metallic brown R6, which my mother drove for a while after he had replaced it with
– a light green Renault 5 (sold in the USA under the name of “Le Car.”)
– He then bought a navy blue Fiat Ritmo, and after that
– a Ford Fiesta of which I recall that it was burgundy (my brother says that it was metallic brown.)

An interesting fact about this last car is that my father started to keep a “log” for the car, starting on July 2nd, 1991, when he bought it. He kept this log faithfully, practically daily, until January 6, 1993 – it was, in fact, a detailed diary of his daily activities and those of my mother. He passed away of Hodgkin’s disease on February 11, 1993. I own both volumes of this log, which I have not yet had the strength to read. My mother drove the Ford Fiesta until she gave up driving, I guess something like a bit over a year before she passed away in April 2009.

I must not forget to mention that my father had, maybe for a year before he had to give up his stone masonry business for health reasons, a Renault 2T5 truck equipped with a concrete mixer. The acquisition of this truck represented something huge at the time for his small business.

*I encourage you to read the hilarious essay penned by Keith Van Sickle, “Driving in France: are you sure?” on the My French Life website (myfrenchlife.org/2021/10/27/French-drivers-driving-france.)

Photos:
– The Bubu (photo taken in Porspoder, Brittany, in the summer of 1959.) The luggage rack was indispensable because this car did not have a trunk.
– My mother, at the wheel of our R4, July 1968.
– my first husband (seen in the photo) and I had made a trip to France that winter. Rare snow on the car.
– Renault 2T5 truck. My father’s had a concrete mixer on the back.

About the Contributor

Judy MacMahon

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